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Des hydroliennes sur le Rhône : une première mondiale !

Grands projets

Publié le 4 février 2019 par la rédaction du MET'

Fin décembre, 4 hydroliennes ont été immergées dans le Rhône, à Caluire et Cuire. Elles tirent parti du courant du fleuve pour produire une électricité 100% renouvelable, directement injectée dans le réseau électrique : une première mondiale ! Et un pas de plus pour la transition énergétique dans la Métropole de Lyon.

Cette ferme hydrolienne est amarrée dans le lit du Rhône en zone non navigable, à Caluire-et-Cuire. Elle est située à hauteur du parc Saint-Clair, juste en face des parcs Tête d’Or et Feyssine.

Une hydrolienne, comment ça marche ?

L’hydrolienne utilise simplement la vitesse du courant de l’eau (contrairement à un barrage qui utilise la puissance d’une chute d’eau). Mécaniquement, la force du courant fait tourner les pales de l’hydrolienne qui entraînent à leur tour un arbre de rotation relié à une petite usine électrique en bord de quai. C’est ainsi que le courant est transformé en énergie électrique.

À Caluire, 4 hydroliennes de 80 kW ont été installées. À elles quatre, elles produisent 1 GWh d’énergie par an. Ce qui équivaut à la consommation électrique de 500 foyers (hors chauffage). L’énergie électrique est directement injectée dans le réseau électrique ERDF.

Une électricité 100 % renouvelable

Le parc hydrolien respecte la biodiversité et n’amoindrit pas la qualité de l’eau : seuls des points d’ancrages ont été installés au fond du cours d’eau. Les hydroliennes ne font pas de bruit et n’émettent pas de gaz à effet de serre. Avec la ferme hydrolienne, 300 tonnes d’émissions annuelles de CO2 sont évitées !

Ferme hydraulique de Caluire
Une des 4 hydroliennes immergées dans la Rhône © Hydroquest

La ferme hydrolienne de Caluire : une première mondiale !

C’est la première installation fluviale d’une telle envergure dans le monde ! Pour la première fois,  les 4 machines sont regroupées entre elles pour redistribuer ensemble et en même temps l’électricité au réseau. Le succès de cette première installation groupée ouvre le champ des possibles : la Compagnie nationale du Rhône (CNR) projette d’installer une ferme de 36 hydroliennes fluviales d’ici début 2020 à Génissiat, dans l’Ain.

C’est le groupement d’entreprises HydroQuest – Hydrowatt qui assure la conception, la fabrication et la maintenance et l’exploitation de l’installation ; VNF (Voies navigables de France) gère le réseau fluvial le tout avec le soutien technique de la Métropole de Lyon. L’installation a aussi bénéficié de fonds européens.

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Les 4 hydroliennes immergées dans le Rhône, à Caluire et Cuire tirent parti du courant du fleuve pour produire une électricité 100% renouvelable.
© Hydroquest
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  1. Marc 28 février 2019

    Bonjour,
    Je passe régulièrement à proximité de ces 4 hydroliennes et constate qu’elles sont toujours à l’arrêt, comme sur les photos qui illustrent votre article. Savez vous quel problème est rencontré ?
    Cordialement.

    Répondre

    Robert 24 février 2019

    Bonjour
    Est il possible de faire une visite du site avec des collégiens ?
    Merci

    Répondre

    Yvan Perrenoud 17 février 2019

    Je vous propose 2 nouvelles hydroliennes-spirales qui nécessitent peu d’infrastructures et peuvent fonctionner en mer et en rivière. Ces turbines seront présentées au Congrès Hydro de Porto 2019 en octobre.
    D’ici peu, j’aurai enfin les résultats d’une optimisation numérique (bien plus difficiles que prévu à réaliser), des simulations suivront. J’attends les simulations pour tenter le crowdfunding afin de faire construire un prototype et le tester en rivière, puis en mer.

    Il nous faut REDUIRE DRASTIQUEMENT nos émissions de gaz à effet de serre et de microparticules MAINTENANT, avant que la nature ne se fâche sérieusement.
    Nous n’avons pas de planète B.

    Répondre

    paumier 5 février 2019

    Bonjour,
    Génial , j’espère qu’il en sera installé beaucoup d’autre en France .
    Quels sont les inconvénients ? Changement de courant pouvant déplacer les alluvions …perturber les poissons….
    Merci de vos réponses

    Répondre
    1. Aymeric 15 février 2019

      Le gros avantages des hydroliennes (par rapport aux éoliennes) est que la puissance est proportionnelle à la densité du fluide concerné. Donc toute chose égale par ailleurs (notamment la vitesse de rotation) on a une puissance 1000 fois supérieure dans l’eau que dans l’air. En pratique, cela permet d’avoir une rotation des pales très lente, donc peu d’impact a priori sur la faune/flore subaquatique.
      D’autre part, le courant est permanent (même si variable en débit) et grosso-modo monodirectionnel, ce qui est également un gros avantage par rapport aux éoliennes.
      L’inconvénient est selon moi à chercher, comme pour la plupart des technologies ENR, dans leur coût écologique de conception, notamment en termes de métaux. En gros, si on devait faire BEAUCOUP d’ENR solaire, éolien, hydrolien, quid des ressources nécessaires à la fabrication de ces dispositifs (voir à ce sujet les interventions de P. Bihouix) ?

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      1. Claude Revol 16 février 2019

        Au barrage de Vaugris, il y a déjà des turbines qu’on appelait hydroliennes, car elles fonctionnent dans un courant d’eau sortant d’une levée de 1 mètre, si je me souviens bien… il y a 30 ans au moins…

        Répondre
    1. Stéphanie 5 février 2019

      Aucun inconvénient pour cette installation. La faune est préservée car les pâles tournent lentement et ne gênent pas les poissons. La structure flotte sur le fleuve et seule la turbine est immergée cela ne gène en rien l’écoulement du cours d’eau et ne génère pas de déplacement d’alluvions.

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      1. JB 6 février 2019

        n y aurait il pas un peu de corrosion ?

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    John Barber 5 février 2019

    L’investissement est à combien pour un rendement si peu? Avec une rivière l’eau risque d’abîmer les turbines assez vite, leur duré de vie est estimé à combien avant démontage?

    Répondre
    1. Stéphanie 5 février 2019

      L’investissement est fait par un groupement de sociétés en charge de la construction et le l’exploitation des hydroliennes. L’amortissement se fera sur le long terme pour une petite installation comme celle-ci mais une fois amortie l’électricité produite est quasi gratuite. La technologie hydrolienne existe déjà en maritime et est très fiable. Une fois les hydroliennes mises en place plus de frais si ce n’est la maintenance mais vu que tout est mécanique pas de gros frais à prévoir. L’idée pour les industriels développant cela est d’exporter cette technologie à l’étranger notamment dans les pays émergeants afin de produire une énergie propre et continue et surtout sans impact pour l’environnement.

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      1. Francis 12 avril 2019

        En effet ! A Madagascar par exemple les conditions ne sont pas réunies pour un essor de l’hydroélectricité par grands barrages… Mais sur les fleuves de la côte ouest, ( lova, mahajamba, betisboka, tsibirihina) de forts débits (joints parfois a des marnages importants à l’estuaire) rendraient compétitifs ces turbines ( surtout par rapport aux batteries de grands groupes electrogène au fioul en service actuellement). Construisez des modèles fiables, rustiques, réversibles pour tirer parti de la marée, assemblables depuis des containers de 40 pieds…et faites vite avant que la Chine ne se jette sur le marché.

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    jacques Gagnolet 4 février 2019

    Bravo pour cette réalisation…

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