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Pollution : comment agir pour mieux respirer ?

Ma ville au quotidien

Publié le 26 novembre 2020 par Charlotte Petit

La Métropole de Lyon traverse un épisode de pollution depuis le 23 novembre. D'où vient cette pollution qui affecte la santé humaine et dégrade l'environnement ? Et comment y remédier ?

Depuis le mardi 24 novembre, en raison d’un épisode de pollution de l’air, la circulation différenciée s’applique à Lyon, Caluire et Villeurbanne. C’est l’une des mesures que les pouvoirs publics peuvent utiliser pour faire baisser la concentration des polluants dans l’air et améliorer la qualité de l’air que nous respirons tous.

Face aux interrogations de beaucoup d’habitantes et d’habitants, des explications s’imposent : pourquoi faut-il déclencher ce genre de mesures ? Quelle est l’origine des épisodes de pollution ? Que peut-on faire pour améliorer les choses individuellement et que fait la Métropole? On vous répond.

D’où vient la pollution de l’air et quelles sont les conséquences ?

Déjà, quand on dit « pollution de l’air », on parle de plusieurs choses :

Passé un certain niveau, les gaz et les particules présents dans l’atmosphère deviennent nocifs pour la santé : ils causent des problèmes comme les maladies respiratoires, l’asthme… En France, la pollution de l’air est responsable de la mort prématurée de 48 000 personnes.
La pollution de l’air est mauvaise pour la santé humaine mais aussi pour l’environnement. Elle abîme durablement les écosystèmes, affecte la productivité agricole et dégrade la patrimoine bâti.
Les coûts sanitaires, économiques et environnementaux de la pollution de l’air ont été estimés à 1134 €/an/personne à Lyon.

Le pic de pollution qui a lieu en ce moment est lié à l’utilisation du chauffage individuel et au trafic routier. Comme il fait plus froid, on augmente le chauffage et on émet plus de polluants. En plus, les conditions météo n’améliorent pas les choses : il y a peu de vent, pas de pluie, ce qui fait que les polluants s’accumulent au lieu de se disperser dans l’atmosphère.

L’effet confinement

Pendant le premier confinement, quasiment tous les déplacements étaient à l’arrêt, ce qui a beaucoup amélioré la qualité de l’air, notamment près des routes. Les appareils de surveillance ont enregistré des valeurs allant jusqu’à 70 % de pollution en moins. Conséquences : il y a moins eu d’épisodes de pollution généralement  au printemps et en été. Pour ce 2e confinement, plus souple que le premier, les effets sur la qualité de l’air sont plus limités.

+ d’infos sur le site d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes

Qu’est ce que je peux faire pour limiter les émissions ?

Le pic de pollution actuel est marqué par la concentration en particules. Pour les éviter, les bons gestes à adopter sont les suivants :

Les secteurs industriels, l’agriculture, le BTP et les entreprises de transports sont aussi mobilisés : ils doivent arrêter ou réduire les activités les plus polluantes, utiliser des systèmes de dépollution renforcés, voir abaisser leur volume de production.

Zoom sur… la circulation différenciée

Lorsque la Préfecture décide de mettre en place la circulation différenciée, seuls les véhicules les moins polluants, que l’on reconnait grâce à leur vignette Crit’Air, sont autorisés à circuler. Généralement, la Métropole de Lyon et ses partenaires accompagnent ces mesures en mettant en place des dispositifs comme la gratuité du stationnement résidentiel, la gratuité de Vélo’V, ou le Tick’Air permettant de voyager en illimité sur l’ensemble du réseau TCL pour 3 € par jour.

Que fait la Métropole pour améliorer la qualité de l’air ?

Permettre aux habitantes et aux habitants de mieux respirer et protéger l’environnement sont au coeur de l’action de la Métropole de Lyon. Depuis plusieurs années, la collectivité et ses partenaires se mobilisent pour améliorer la qualité de l’air.

La ZFE : zone à faibles émissions

Depuis le 1er janvier 2020, une zone à faibles émissions (ZFE) interdit aux poids lourds et aux véhicules utilitaires les plus polluants de circuler et de stationner dans la majeure partie de Lyon, Caluire-et-Cuire et Villeurbanne et une partie de Bron et de Vénissieux. La ZFE sera amplifiée à partir du 1er janvier 2021.

Les pistes cyclables 

En-dessous de 6 km en ville, le moyen de transport le plus rapide et le moins polluant, c’est le vélo ! Les services de la Métropole créent de plus en plus d’aménagements cyclables, comme les 94 km supplémentaires créés depuis la fin du premier confinement. En parallèle, des aides sont attribuées pour l’achat d’un vélo électrique, des stations Vélo’V continuent d’être créées… On vous en parle dans le dossier du dernier MET’ !

Les transports en commun

Pour laisser la voiture au garage, une autre solution bien plus économe en énergie et en émissions de polluants consiste à utiliser les transports en commun. Le Sytral et la Métropole travaillent ensemble pour améliorer le service en permanence : de nouvelles lignes, le prolongement des lignes de tram, bus et métro existantes, des horaires étendus, un trafic plus régulier… 

La prime air bois

C’est une aide de 1000 € à 2000 € versée pour le renouvellement d’une vieille cheminée ou d’un vieux poêle à bois par un équipement labellisé « flamme verte » 7 étoiles. Ces poêles ou cheminées plus récents permettent de réduire la consommation de bois et de limiter les émissions de particules polluantes, jusqu’à 30 fois moins.

Écoréno’v

La Métropole de Lyon aide financièrement les propriétaires qui réalisent des travaux de rénovation énergétique dans leur maison. L’objectif est de réduire les consommations d’énergie jusqu’à 60 % et d’éviter les émissions de gaz à effets de serre.

Pollution de l’air : une inaction qui peut coûter très cher

En juillet dernier, le Conseil d’État a constaté que depuis 2017 l’État n’avait pas pris des mesures suffisantes pour réduire la pollution de l’air en NO2 et en particules fines dans 8 zones du territoire français, dont la Métropole de Lyon. En conséquence, l’État devra payer 10 millions d’euros par semestre tant qu’il n’aura pas pris les mesures qui lui ont été ordonnées. Cette mesure prendra effet à partir du 10 janvier 2021.

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Les mesures pour lutter contre la pollution de l'air peuvent être contraignantes, mais elles servent à ce que tout le monde puisse mieux respirer.
© Getty Images
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  1. Arnaud 3 décembre 2020

    Pendant l'épisode de pollution, quelles mesures concrètes ont été demandées aux entreprises notamment de la vallée du Rhône ? En effet, la raffinerie de Feyzin tournait à plein régime. (Fumées s'échappant des cheminées, torchère sud, vombrissement des installations encore plus présent le soir et la nuit.).
    Cordialement
    Répondre
    1. La rédaction 3 décembre 2020

      Bonjour,

      Vous pouvez consulter ces mesures dans l'arrêté préfectoral accessible ici : https://www.rhone.gouv.fr/content/download/43567/241483/file/2711_AP__N1_Comb_%20BLNI.pdf.
      Bonne journée
      Répondre
      1. Arnaud 3 décembre 2020

        Je vous remercie pour votre réponse. Concernant les gros émetteurs ICPE, les mesures à prendre de la part des exploitants sont décrites dans les arrêtés d'autorisation. https://www.rhone.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-developpement-durable-risques-naturels-et-technologiques/Installations-classees-pour-la-protection-de-l-environnement/Arretes-prefectoraux/Arretes-d-autorisation . Des contrôles inopinés sont-ils exercés par les services de l'Etat pendant ces épisodes de pollution? Cordialement
        Répondre
        1. La rédaction 4 décembre 2020

          Bonjour,
          Nous ne savons pas vous répondre, il faudrait plutôt poser la question aux services de l'Etat, à savoir la préfecture de la région Auvergne Rhône Alpes.
          Bonne journée,
          Répondre

    jlpy 29 novembre 2020

    La photo de titre est un peu vieille : la tour Incity est tout juste en début de construction (ou on termine la destruction de la précédente). Donc ce n'est pas représentatif de la situation actuelle puisqu'elle a environ 10 ans. Attention aux fake-pictures !!!
    Répondre

    jlpy 29 novembre 2020

    Où peut-on trouver l'étude qui évalue les coûts sanitaires, économiques et environnementaux de la pollution de l’air à 1134 €/an/personne à Lyon ? Merci de l'information. Cordialement.
    Répondre
    1. La rédaction 30 novembre 2020

      Bonjour,
      voici un lien vers l'étude (en anglais) : https://www.cedelft.eu/en/publications/2534/health-costs-of-air-pollution-in-european-cities-and-the-linkage-with-transport
      Elle a été réalisé par un bureau d'étude hollandais.

      Bonne journée,
      Répondre
      1. jlpy 30 novembre 2020

        Merci de votre réponse qui, outre le rapport cité, m'a permis de renouer avec une ville que j'ai beaucoup fréquentée (Université TU Delft, laboratoire national TNO, mais CE Delft n'était alors qu'une jeune pousse). Dans cette étude Lyon n'apparaît guère que dans le tableau C page 63/86. Or en lisant attentivement, et en comparant Lyon et Marseille, on constate que le coût de la pollution rapporté au PIB de la ville est plus faible à Lyon qu'à Marseille. Si la pollution coûte plus cher à Lyon qu'à Marseille c'est que le PIB de Lyon est nettement plus élevé que celui de Marseille. Donc si la pollution est plus coûteuse à Lyon qu'à Marseille c'est parce que les lyonnais sont plus riches que les marseillais !!! Avouez qu'il y a de quoi méditer. Si vous ajoutez que beaucoup d'économistes contestent le PIB comme mesure de la prospérité, et que, par exemple, les inondations de la vallée de la Roya ne coûtent rien en terme de PIB, cette brillante étude pose plus de questions (intéressantes au plan philosophico-économique) qu'elle ne donne de réponse.
        Avec toutes ces réserves, on doit constater que la France se classerait 9e sur 30 pays européens et seconde des grandes nations industrielles (derrière l'Espagne) suivant ce critère. C'est finalement plutôt bien. Mais plus mal placés que la France, on trouve l'Allemagne, le Danemark, le Luxembourg,... Alors un doute s'insinue...
        Répondre

    Jean-Yves Barbier 28 novembre 2020

    Bonjour, quel pourrait être le rôle de la première chaufferie urbaine biomasse de France, inaugurée rue de Surville le 11 avril dernier, dans la récente pollution aux particules fines ?
    Cordialement,
    Jean-Yves Barbier
    Répondre
    1. La rédaction 18 décembre 2020

      Bonjour Jean-Yves,
      La chaufferie biomasse de Surville bénéficie des meilleurs techniques disponibles pour réduire ses émissions atmosphériques. Un système de filtration très performant permet de limiter les émissions de particules fines. Il est difficile d'isoler précisément le rôle de la chaufferie de Surville dans l'épisode de pollution. On sait cependant que les chaufferies urbaines fonctionnant au bois ne représentent que 0,1% des émissions de particules fines dans la Métropole de Lyon sur une année.
      Bonne journée ,
      Répondre

    dineclau 27 novembre 2020

    bonjour. pour éviter la pollution, il faudrait déjà éviter de faire faire des trajets inutiles aux poids lourds: pourquoi la mairie de Villeurbanne ou /et la métropole ont interdit aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes en provenance du périphérique de prendre l'avenue paul kruger? les camions qui vont à la déchetterie, à Aubade, aux entrepôts de l'avenue paul Kruger, les camions et balayeuses du grand lyon, passent donc devant les centaines d’habitants des immeubles de la route de genas, s’arrêtent devant leurs fenêtres ( à cause des feux de l'avenue general leclerc) puis tournent à droite avenue general leclerc, puis tournent à droite dans k'avenue kruger pour se rendre à leur destination,. Les habitants de la route de genas n'ont-ils pas assez du ballet des camions des chantiers de villeurbanne, des cars scolaires, Faure ,philibert,maisonneuve, bus accordéon.Pourquoi la métropole, les mairies de villeurbanne et LYON 3 sacrifient autant la santé des habitants de la route de genas qui endurent déjà le report de la circulation automobile des rues parallèles? sont-ils des sous-citoyens? Sans parler des cars ou camions de chantier qui , en avance , stationnent devant la fenêtre des habitants moteur tournant pendant des dizaines de mns voir plus car ils sont en avance sur leur destination! pour éviter la pollution, il faudrait également interdire de laisser tourner le moteur et mettre des panneaux pour le faire respecter! Et la réponse du tramway qui y arrivera dans 5 ans et apaisera la circulation de la route de genas n'est pas une réponse viable pour la santé actuelle de ces habitants.
    Répondre

    CASTIEL 27 novembre 2020

    Bonjour M. DOUCET (c'est le Maire de Lyon),
    Comment lutter contre la pollution ???
    Eh bien je vais vous le dire : on accroît le réseau de transports en commun, qui faisait aussi partie du discours des promesses électorales.
    Qu'en pensez-vous ??????
    Cordialement......ou pas .
    un Villeurbannais plus guère content de l'être.... et à Lyon c'est pareil .......
    Répondre
    1. La rédaction 30 novembre 2020

      Bonjour,
      Le développement du réseau de transports en commun fait partie des priorité de ce mandat bien évidemment. Pour votre information, vous écrivez sur le site de la Métropole de Lyon dont le président est Bruno Bernard, et non sur le site de la ville de Lyon.
      Bonne journée
      Répondre
      1. CASTIEL 30 novembre 2020

        Je vous remercie pour cette information. Pouvez-vous relayer le message ???
        Le développement des transports en commun, on n'en entend plus parler.......
        Attention, le temps passe vite, il ne faut pas prendre de retard............
        Cdlt
        Répondre

    ramond nicolas 27 novembre 2020

    Bonjour j'ai rempli un dossier pour obtenir une aide suite à l'achat d'un velo electrique en juin dernier et je n'ai toujours pas de nouvelle
    Répondre
    1. La rédaction 30 novembre 2020

      Bonjour,
      Les services de la Métropole traitent actuellement les dossiers reçus fin juin. Votre dossier devrait être étudié sous peu, ou l'a peut être même déjà été. Il faut ensuite compter une quinzaine de jours pour que le virement arrive sur votre compte en banque.
      Bonne journée
      Répondre